Christian Blanc

Quelques dates, quelques repères sur le parcours d’une vie.


Un homme libre

Son indépendance et sa liberté éclairent sa trajectoire…
Ancien préfet, chef d’entreprise, négociateur, aujourd’hui député, Christian Blanc échappe aux étiquettes et aux schémas convenus.
Atypique, son itinéraire est fait de responsabilités diversifiées.
Après avoir travaillé plusieurs années à la Commission Européenne à Bruxelles avec Edgard Pisani, il est envoyé en 1988 par Michel Rocard, Premier ministre, en Nouvelle-Calédonie. Il pilote la Mission du Dialogue et parvient à restaurer la paix et l’autorité de l’Etat dans un territoire déchiré.
Ce succès le conduit en 1989, à la tête de la RATP qu’il modernise en responsabilisant les salariés. En trois ans, la régie des transports est métamorphosée, de grands chantiers (Meteor) sont initiés et la délinquance dans le métro a reculé de 40%.
En 1993, Edouard Balladur, Premier ministre l’appelle pour redresser Air France alors en situation de faillite. PDG, il consacre plusieurs mois à écouter tous les salariés et le temps de la concertation achevé, il s’adresse directement à ceux-ci et leur propose par référendum un plan audacieux pour sauver l’entreprise. Ce projet recueillera plus de 80% des voix et mobilise toute l’entreprise.
En quelques années, la compagnie aérienne est remise à flot et fait son entrée prometteuse dans le cercle très étroit des "majors" du transport aérien international.
Il est ensuite président de deux start-up (1999-2000) : Skygate (antenne satellite, Amsterdam), Harmonie (biotechnologies, Palo Alto et Pékin), puis président de la banque d’affaires américaine Merrill-Lynch France (de fin 2000 à mars 2002).
 
Actuellement :
Député des Yvelines depuis décembre 2002.(http://www.christian-blanc.net)
 
Fondateur et Président d'honneur du club de réflexion l'Ami Public, fondateur et Président du mouvement politique Energies Démocrates (http://www.energiesdemocrates.com/)
 
Membre de la commission des affaires économiques à l'Assemblée Nationale, administrateur d'Action contre la Faim (ACF, depuis 1998), administrateur de la Chancellerie des universités de Paris (depuis 1991).
 
Christian Blanc choisit, aujourd’hui, de mettre à profit sa double expérience de l’Etat et de l’entreprise.
Tout récemment, ce singulier député qui se considère comme un « homme de mission » déclarait : « Ma ligne de crête a toujours été l’intérêt général ».
 
Il entend affirmer que la politique doit demeurer l’art du possible. Homme de conviction et d’action, il croit dur comme fer dans les « potentiels humains et technologiques de notre pays »
 
 
Derrière les dates et bien d’autres qui ne sont pas mentionnées ici, il y a des rencontres, des découvertes, des apprentissages mais plus encore des actions.

Certaines de ces actions seraient mieux qualifiées de chantiers, y compris au sens imagé du mot,
si l’on se souvient notamment de la situation de la Nouvelle-Calédonie après les événements meurtriers d’Ouvéa en 1988, ou celle d’Air France au moment des grèves de 1993. Même si cela tient du cliché, ce n’est pas pour rien que les médias évoquaient alors une « mission impossible ».
 
Il s’agissait bien de chantiers, au sens propre, en considérant l'ampleur de la tâche à entreprendre et la nécessité, pour y parvenir, tout à la fois de mobiliser un ensemble de forces dispersées quand elles n'étaient pas franchement hostiles et de réunir à cette fin une ou des équipes déterminées sur la base des compétences complémentaires et d'une forte cohésion entre leurs membres.

Le capital de confiance accumulé par Christian Blanc, au fil de ces chantiers, repose sur la raison et la rigueur dans l'analyse, l'audace réfléchie dans la proposition, l'ambition collective dans le projet et le courage dans l'action.
Mais pas de décision non plus qui ne repose sur l'écoute attentive des acteurs et ne soit précédée d'un dialogue approfondi avec toutes les composantes du terrain.
 
Marc Kravetz
 
 

Une méthode

« La méthode Blanc »
 
L'expression "la méthode Blanc" entend désigner la façon dont Christian Blanc a géré les difficiles conflits de la Nouvelle Calédonie et d'Air France, en associant tous les acteurs au dépassement de ce qui les opposait. Derrière la formule, une véritable méthodologie de l'action que trois mots peuvent caractériser : écoute, confiance et courage.

Écoute, car tout part des gens eux-mêmes. Rien ne se construit qui ne s'appuie d'abord sur une compréhension de ce qu'ils vivent et de pourquoi ils le vivent. En étant attentif à leurs discours et à leurs émotions, c'est leur réalité quotidienne qu'il s'agit d'appréhender, d'interpréter et de leur restituer.
Car, à rebours des pratiques élitistes traditionnelles, une fois le problème compris, il faut partager cette connaissance avec le plus grand nombre. Mettre d'accord les uns et les autres sur ce qui est en jeu, sur les mécanismes et pas seulement sur les symptômes, est une condition incontournable pour que les actions proposées soient complètement acceptées. Elles le seront d'autant plus qu'elles auront été élaborées par les gens eux-mêmes, pour peu qu'on leur ait fait suffisamment confiance pour leur demander de trouver des solutions à des problèmes qui sont les leurs.

Courage enfin, car cette façon de procéder se heurte aux situations établies, aux routines défensives des acteurs institutionnels qui ont l'habitude de régler entre eux les questions qui concernent les autres. Les bousculer nécessite opiniâtreté et sang froid.

En définitive, la méthode Blanc, c'est une pratique concrète qui s'impose lorsque la situation nécessite un changement profond et une grande capacité d'innovation dans la façon de poser les questions de fond : c'est le cas aujourd'hui.

François Dupuy et Alain de Vulpian

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